Cette semaine a été riche en développements liés à l'administration Trump, entre repli intérieur sur l'immigration et affirmation sur la scène internationale.

Retrait de l'ICE du Minnesota

L'opération "Metro Surge" prend fin : annonce le 12 février par Tom Homan. Retrait progressif des agents après deux mois controversés, protestations et deux morts.

L’un des développements les plus visibles cette semaine aux États-Unis a été l’annonce officielle de la fin de l’opération massive d’immigration “Operation Metro Surge” dans le Minnesota. Lancée en décembre 2025, cette opération avait déployé des milliers d’agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et de la CBP (Customs and Border Protection) dans les Twin Cities (Minneapolis-Saint Paul), ciblant particulièrement les communautés immigrées (dont somaliennes). • Le 12 février 2026, le “border czar” Tom Homan a déclaré que l’opération concluait, avec un retrait progressif des agents (déjà entamé avec 700 agents retirés début février). • Cette décision fait suite à des protestations massives, deux décès de citoyens américains lors d’incidents liés à l’opération, et une forte opposition locale (gouverneur Tim Walz qualifiant cela de “camouflet” pour l’administration). • Environ 4 000 arrestations ont eu lieu, mais 77 % des détenus n’avaient pas de casier judiciaire, selon des données officielles. Ce retrait représente un rare recul pour l’administration Trump sur sa politique d’immigration “America First”, sous pression populaire et médiatique.

Suites de la capture de Maduro

Pas de nouveau rebondissement majeur, mais consolidation du contrôle US sur le Venezuela post-intervention de janvier.

Bien que l’intervention militaire américaine au Venezuela date du 3 janvier 2026 (opération “Absolute Resolve” avec frappes aériennes et capture de Nicolás Maduro et de sa femme Cilia Flores), les suites continuent d’alimenter les débats géopolitiques cette semaine : • Maduro et Flores sont détenus à New York, poursuivis pour narco-terrorisme, trafic de drogue et armes. • Delcy Rodríguez (ex-vice-présidente) est présidente par intérim, avec libération de prisonniers politiques (plus de 430 au 12 février). • Les États-Unis “gèrent” temporairement le pays, avec privatisation partielle de l’industrie pétrolière et levée de sanctions sur le pétrole. • Polls montrent un soutien majoritaire vénézuélien à la direction post-Maduro (72 % voient une évolution positive), mais critiques persistent sur le maintien de figures du régime chaviste. Aucun événement majeur nouveau cette semaine, mais cela reste un point de référence pour la posture interventionniste américaine en Amérique latine.

Munich Security Conference 2026

Discours de Marco Rubio le 14 février : appel à un "nouveau siècle occidental". Tensions transatlantiques persistent malgré les mots apaisants.

L’événement dominant sur la scène géopolitique mondiale cette semaine est la Munich Security Conference (MSC), tenue du 13 au 15 février à Munich. Elle a été largement dominée par les tensions transatlantiques sous Trump : • Le secrétaire d’État Marco Rubio a prononcé un discours clé le 14 février, appelant à « construire un nouveau siècle occidental » et à revitaliser l’alliance États-Unis-Europe. Il a présenté les États-Unis comme « enfant de l’Europe » et insisté sur un destin commun, obtenant une standing ovation. • Références historiques (crise des missiles de Cuba) pour contextualiser les alliances actuelles. • Débats centrés sur la fracture transatlantique, un an après le discours critique de J.D. Vance (2025) sur la démocratie européenne. • Réactions européennes : Emmanuel Macron appelle l’Europe à être « fière d’elle-même », le chancelier allemand décrit un ordre international « en pleine destruction » et l’entrée dans l’ère de la great power politics. • Provocations américaines évoquées : menaces sur le Groenland/Panama, renommage du golfe du Mexique en « golfe d’Amérique ». Malgré le ton conciliant de Rubio, beaucoup d’Européens restent sceptiques sur un réel changement de politique US.