Netanyahou, l’allié devenu fardeau pour Washington

Benyamin Netanyahou traverse aujourd’hui la période la plus difficile de sa carrière politique. Longtemps considéré comme un pilier de stabilité et un défenseur intransigeant d’Israël, le Premier ministre est désormais décrit, même par ses partenaires américains, comme un “fardeau stratégique”.

Depuis 2023, Netanyahou est confronté à une série de procès pour corruption, fraude et abus de confiance. La justice israélienne l’accuse d’avoir accepté des cadeaux de luxe de la part d’hommes d’affaires influents – cigares, bijoux, champagne – et d’avoir tenté d’échanger des faveurs réglementaires ou politiques contre une couverture médiatique favorable. Les dossiers, surnommés “Affaires 1000, 2000 et 4000”, menacent directement sa carrière et pourraient, en cas de condamnation, lui valoir la prison.

Pour ses détracteurs, c’est dans ce contexte que Netanyahou aurait prolongé délibérément la guerre de Gaza, sachant que les procédures judiciaires sont suspendues en période de guerre. En maintenant le pays en état de siège permanent, il aurait cherché à gagner du temps, à rallier une opinion publique divisée et à se présenter comme un chef de guerre plutôt qu’un chef mis en examen.

Mais la stratégie semble désormais se retourner contre lui. Le conflit à Gaza a suscité une onde de mécontentement en Israël, où les pertes humaines et économiques se multiplient. À l’international, le Premier ministre s’est isolé diplomatiquement, notamment après avoir tenté à plusieurs reprises d’entraîner les États‑Unis dans une confrontation directe contre l’Iran.

Tant Joe Biden que Donald Trump, pourtant traditionnellement pro‑israéliens, ont marqué leur distance. À Washington, plusieurs conseillers estiment qu’Israël est passé du statut d’atout régional à celui de risque stratégique, en raison de la ligne inflexible de son dirigeant.

Netanyahou, qui misait sur le conflit pour sauver sa position, pourrait bien en faire les frais. Comme le souligne un observateur cité par la presse chinoise, “sa survie politique dépendait de la guerre, mais c’est la guerre qui finira par l’emporter.”